dimanche, 08 novembre 2009
« À l'origine » un film du Nord à voir absolument !
Projeté en avant-première hier soir à Arras et aujourd'hui à Cambrai, Caudry et Villeneuve-d'Ascq, le film « À l'origine » de Xavier Giannoli, qui sort mercredi dans les salles, a été tourné il y a deux ans entre le Cambrésis et l'Artois, mobilisant des centaines de figurants nordistes. Ainsi qu'une entreprise de BTP du Cambrésis.
Sur l'ancestrale piste 15-33 de l'aérodrome de Niergnies, près de Cambrai, un Raymond Legrand debout au milieu des vents s'évertue par la gestuelle et la voix à ressusciter le tronçon d'autoroute qui servit fin 2007 de décor au film À l'origine.
« Là, de chaque côté de la piste, il y avait des talus de terre créés pour cacher les maisons et renforcer l'idée de chantier. Et mes engins étaient là, avec mes gars », clame ce patron d'une entreprise de travaux publics installée à Cagnoncles (Cambrésis).
Comment cet homme de la terre aussi étranger au monde du cinéma qu'un haltérophile peut l'être à celui du patinage artistique - « La dernière fois que j'étais allé au cinéma, c'était pour voir Il faut sauver le soldat Ryan » - a-t-il pu se retrouver en juin à monter les marches à Cannes dans les pas de Gérard Depardieu, François Cluzet ou Emmanuelle Devos ?
« Le sauveur »
Parce que sans lui, ses bulldozers, ses pelles hydrauliques, ses chauffeurs et la modicité de son devis, le morceau de route, long de mille mètres, n'aurait jamais pu naître et le film, cette histoire vraie d'un escroc se faisant passer pour un chef de chantier responsable de la construction d'une autoroute, serait mort-né, dixit la production parisienne elle-même. « Ils m'ont appelé le sauveur », dit Raymond Legrand, faux modeste.
Après avoir supervisé la construction du tronçon, M. Legrand persuada le réalisateur, « un ami maintenant », d'engager ses chauffeurs comme figurants - plus crédible, moins risqué - et vint distiller sur le tournage sa science de la construction autoroutière. Au total, deux mois d'immersion. « Le matin, je m'occupais de mon entreprise et l'après-midi, j'étais sur le tournage. J'intervenais sur les termes techniques, pour rendre plus crédibles certains dialogues. » Un tournage sous la pluie et dans le froid, l'expérience a marqué. « Mercredi, je peux vous dire que les gars vont aller voir le film ! », assure Raymond Legrand, dont le nom figure au générique et qui participait hier soir à l'avant-première arrageoise, dans le cadre du Festival international du film.
« Parmi les plus de deux mille figurants, il n'y avait que des gens de Cambrai et de ses alentours, précisait à cette occasion le réalisateur, Xavier Giannoli. C'était une première pour moi. J'ai rendu fou mon premier assistant parce que je voulais tous les diriger moi-même ! » Et si le cinéaste a choisi le Nord comme lieu de tournage (alors que le fait divers qui l'a inspiré s'est déroulé dans la Sarthe), ce n'est pas un hasard. « Cette région a été filmée par les gens que j'aime le plus, comme Pialat. Et les plaines du Nord ont une dimension mythologique qui me fait penser aux films de Sergio Leone. C'est l'ambiance que je recherchais. Surtout, il n'y a pas un terril dans le cadre : je voulais éviter les clichés. »
| • L'histoire du film. Philippe Miller (François Cluzet) est un petit escroc. Un homme qui vit seul, passant sa vie sur les routes, allant d'arnaque en arnaque. Quand il tombe un jour sur un chantier d'autoroute abandonné, il se lance dans sa plus grande escroquerie. À l'origine, c'est donc l'histoire bouleversante de ce type paumé, qui va retrouver goût au contact humain et à la vie par l'intermédiaire de ceux qu'il est en train de piéger. Ces gens sans travail, désabusés, qui lui vouent un culte car ils le voient comme leur sauveur. Construire l'autoroute devient l'obsession de Miller, symbole de sa fuite en avant. « Mais elle va où cette route ? », lui demande un personnage. Nulle part, sans doute. Mais il continue, avec l'énergie du désespoir. Se laissant encore quelques jours pour rêver qu'il est quelqu'un d'autre, qu'il a fait les bons choix. Côté casting, François Cluzet et Emmanuelle Devos sont incroyables de sincérité. À voir, de toute urgence. F. L. > Sortie mercredi 11. |
16:25 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : à l'origine, nord, escrocs, ump, cambrai, hervé marie morelle |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook





