jeudi, 04 septembre 2008

La Renaissance du Lille ancien contre la chute de la Maison Coilliot

Le 14 novembre, l'héritage de Louis Coilliot éclatera. La maison-affiche de la rue de Fleurus, dessinée par Hector Guimard, sera séparée des deux immeubles témoignant de la splendeur passée du céramiste de la Belle Époque. L'association Renaissance du Lille ancien en appelle à la mairie pour préserver ce patrimoine.

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Didier-Joseph François est né coiffé. Il a eu l'insigne privilège de visiter une Maison proverbialement chiche de ses charmes. « C'était il y a vingt ans. J'avais été frappé de découvrir, derrière la façade Art nouveau, la modernité de l'entrepôt, oeuvre de François Hennebique(pionnier de la construction en béton armé), le mercantilisme de l'immeuble de rapport. Si cette maison est bien un chef-d'oeuvre d'architecture, en séparer les éléments, c'est se priver d'en faire quelque chose. » Le compromis de vente des deux immeubles liés à la Maison Coilliot, signé fin juillet, ruine les patients efforts du président de Renaissance du Lille ancien. « Depuis que la maison était en vente, j'avais tenté de faire en sorte que la famille la cède en entier. » Las, le patrimoine va finalement être partagé entre des promoteurs immobiliers et Bernard Coilliot, un descendant du céramiste. Didier-Joseph François a donc pris la plume pour abjurer Martine Aubry de faire jouer son droit de préemption. L'an dernier encore, le Bazar de Wazemmes, promis à une banque, était racheté au nom du patrimoine. Pour un coût supérieur. Sans qu'un recyclage lui ait été trouvé à ce jour.
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Et la Maison ? Depuis des années, les gardiens du temple architectural s'arrachent les cheveux pour trouver un usage à ce vestige de la grande bourgeoisie lilloise, dût-il rejoindre le giron public. Tous s'y sont cassé les dents. Le président de RLA ne baisse pas les bras. « On pourrait y faire un musée de la vie bourgeoise, y rapatrier les tableaux de Carolus-Duran. Une succursale du palais des Beaux-Arts sur cette époque ne semble pas impossible. » Mais nettement moins crédible si la demeure est vendue à la découpe. « Si on veut assurer une ouverture future de la Maison, ça ne se fera pas dans le bâtiment lui-même, qui restera un bijou immaculé. » Et de citer l'exemple du musée De Gaulle.

Autant d'arguments déjà développés, peu ou prou, par Didier-Joseph François. Mais cette fois, le temps presse. « Si on ne se pose pas la question aujourd'hui, il sera trop tard. » Une fois reçue la déclaration d'intention d'aliéner, envoyée par les propriétaires, la municipalité a deux mois pour préempter. Hier, le document n'était toujours pas parvenu dans les services concernés. « Une ville a le temps pour elle », harangue l'érudit.

d'aprés la voix du Nord

Cette Maison a été construite en 1898 par Hector Guimard, le très célèbre architecte d'Art Nouveau, connu notamment pour les bouches de métro parisiennes, en verre et en fer forgé aux formes inspirées de la nature.

Elle a été imaginée à la demande du céramiste Coilliot, soucieux de mettre en valeur son propre savoir-faire dans les laves émaillées, selon un procédé mis au point par François Gillet.

Cette maison mélange la céramique avec la lave, le fer forgé, les pierres de taille, et la brique; plissée et granuleuse comme un reptile à peau verte.

Le mur de façade est presque entièrement remplacé par des ouvertures immenses d'où sont absentes les lignes droites et la notion de symétrie.

14 rue de Fleurus
Propriété d'une personne privée, elle est non visitable.
une vidéo de l'intérieur en cliquant ici
En tant que membre de l'association de la renaissance du Lille Ancien et conseiller de quartier de wazemmes je tiens à temoigner de mon soutien pour la sauvegarde de ce patrimoine de wazemmes qui fait la beauté de la rue de fleurus et du quartier St Michel ou je réside !

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